Relire Barthes, et attendre la validation du projet MEUPORG Ta Life
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ATTENTE. Tumulte d'angoisse suscité par l'attente de l'être aimé, au gré de menus retards (rendez-vous, téléphones, lettres, retours).
4. L'être que j'attends n'est pas réel. Tel le sein de la mère pour le nourrisson, « je le crée et je le recrée .sans cesse à partir de ma capacité d'aimer, à partir du besoin que j'ai de lui » :l'autre vient là où je l'attends, la où je l'ai déjà créé. Et. s'il ne vient pas, je l'hallucine : l'attente est un délire.Encore le téléphone : à chaque sonnerie, je décroche en hâte, je crois que c'est l'être aimé qui m'appelle (puisqu'il doit m'appeler) ; un effort de plus, et je « reconnais » sa voix, j'engage le dialogue, quitte à me retourner avec colère contre l'importun qui me réveille de mon délire. Au café, toute personne qui entre, sur la moindre vraisemblance de silhouette, est de la sorte, dans un premier mouvement, reconnue.
Et, longtemps après que la relation amoureuse s'est apaisée, je garde l'habitude d'halluciner l'être que j'ai aimé : parfois, je m'angoisse encore d'un téléphone qui tarde. et, à chaque importun, je crois reconnaitre la voix que j'aimais : je suis un mutilé qui continue d'avoir mal à sa jambe amputée.
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